Guide de visite
Partie Sud


Pavillon du Manège
Le Pavillon du Manège est l'un des rares vestiges bâtis du domaine crée par le Cardinal de Richelieu à partir de 1624. Également appelé Le Dôme, cette construction était à l'origine le pavillon central des écuries qui occupaient la partie méridionale de l'anti-cour. Depuis l'entrée principale du domaine (visible à l'Ouest), une première basse-cour permettait d'accéder à l'anti-cour, qui conduisait ensuite au château lui-même. La qualité des détails architecturaux du pavillon (sachant qu'il ne s'agissait que d'une dépendance du château à l'origine) montre le niveau de maîtrise que l'architecte Jacques Lemercier avait fourni à l'élaboration du projet pour le domaine.
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Grotte de l'Orangerie
Au XVIIe siècle, la France connu une révolution dans la conception des jardins : c'est la naissance des jardins «à la française». Influencé à la base par le jardin italien de la Renaissance, une des grandes nouveauté des français fut le principe du parterre. Le parc de Richelieu fut probablement l'un des tout premiers jardins à expérimenter ces nouvelles règles dont l'apogée se situera sous le règne de Louis XIV. Les façades du château de Richelieu s'ouvraient sur une série de parterres dont la trame, ceinturée par le Mâble, est toujours intacte. Côté Est du château, le parterre principal précédait le jardin en demi-lune, permettant de clore la perspective du paysage. Implantés de part et d'autre la demi-lune, la grotte de l'orangerie et la grotte de Bacchus témoignent de l'importance de leurs fonctions dans le contexte des jardins.
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Musée de Richelieu
Le musée de Richelieu abrite une partie des chefs-d'œuvre qui constituait la collection personnelle du Cardinal. On peut y admirer, entre autres, six des représentations des campagnes militaires sous le règne de Louis XIII, qui occupaient initialement la grande galerie des batailles du château de Richelieu. Une suite de portes en bois polychrome indique un haut degré de raffinement dans la ciselure du bois, attestant du talent des artisans. Une très belle maquette reconstitue le projet de Richelieu (ville, château et parc) tel qui fut réalisé au XVIIe siècle, employant jusqu'à deux mille ouvriers et artisans à la fois. À la Révolution, la collection du Cardinal fut dispersée, et de nombreuses œuvres furent également détruites. Néanmoins, il est possible d'en admirer certaines dans différents musées, dont le Louvre à Paris.
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Église Notre-Dame
La façade de l'église Notre-Dame témoigne de l'influence de la Renaissance italienne, et notamment à l'œuvre de Giacomo della Porta qui conduira à l'art maniériste. Issu d'une famille d'architectes et maîtres-maçons, Jacques Lemercier rapporta de son séjour à Rome une inspiration qui se transcrira en prémices du classicisme français et dont l'apogée resplendira quelques décennies plus tard. En arrière plan, les deux clochers en forme d'obélisque font preuve d'une grande modernité à une époque où le style baroque naissait à peine en France. Basé sur un plan longitudinal en croix latine, l'intérieur est particulièrement inondé de lumière naturelle. Au plafond, Jacques Lemercier développera un traitement architectural singulier au niveau du croisement de la nef et du cœur en y installant un grand cadre mouluré. L'église abrite un orgue confectionné par le facteur Louis Bonn en 1853.
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Halle
Masquée depuis 1843 par quatre pavillons de style Louis-Philippe, la halle de Richelieu conserve cependant l'intégralité de sa structure d'origine qui date du XVIIe siècle. La transition entre les façades extérieures d'aspect romantique et la rectitude de l'ossature de châtaignier étonne, certes, mais l'homogénéité architecturale de la halle se dévoile une fois à l'intérieur. Lors de sa mise en service en 1638, il s'agissait d'une des plus grandes halles construite en France. Œuvre d'une grande maîtrise de la part des charpentiers, l'édifice abritera le poumon économique de la «cité idéale» du Cardinal. Quatre siècles après son ouverture, la halle participe toujours autant à l'animation de la ville et démontre la véracité du rapport lieu/fonction.
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Hôtel de Ville
Sous l'Ancien Régime, ce bâtiment d'angle abritait le palais de justice. Il est du reste très intéressant de comparer les deux blasons qui surmontent les portes d'accès (l'une d'entre elles et dorénavant condamnée) : armorial de la ville côté place du marché, armoiries cardinalices de Richelieu côté grande rue. L'hôtel de ville accueille également le musée de Richelieu au premier étage. Dans le cadre de la préservation de son patrimoine unique en France, la ville de Richelieu bénéficie d'un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur. Les pièces graphiques de ce document d'urbanisme sont des éléments précieux à la compréhension du projet entrepris par le Cardinal.
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Partie Nord


Gare & Voie Verte
Mise en service en 1884, la gare de Richelieu était la dernière station de la ligne qui reliait la cité du Cardinal avec Ligré-Rivière. À la fin du XIXe siècle, le chemin de fer contribua au désenclavement des campagnes françaises en acheminant voyageurs, marchandises et courrier. L'essor de l'automobile au XXe siècle rendit le chemin de fer de moins en moins rentable, mais la ligne survécut grâce à une reconversion en chemin de fer touristique à partir de 1974. Trois décennies plus tard, la ligne fut finalement déclassée. Fort heureusement, le tracé des voies fut sauvegardé afin d'y accommoder la Voie verte. Prolongeant l'itinéraire jusqu'à Chinon, piétons et cyclistes bénéficient désormais d'un parcours de 20 km, sécurisé des engins motorisés pour le plus grand bonheur de tous. Les usagers y trouveront une multitude de renseignement et de services tout au long du parcours, via une application dédiée. La gare de Richelieu abrite dorénavant des expositions temporaires.
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"La Richelaise"
Le patrimoine ferroviaire français témoigne du rôle majeur qu'a joué le chemin de fer lors de la révolution industrielle au XIXe siècle dans l'hexagone. Bouleversement radical dans le domaine des transports, les ingénieurs ferroviaires développeront un matériel roulant adapté à la fréquentation des différents réseaux, notamment les lignes secondaires. Le chemin de fer d'intérêt local (CFIL) connu son apogée à la fin du XIXe siècle, puis déclinera tout au long du XXe siècle avec la démocratisation de l'automobile. Construit dans l'immédiate après-guerre, La Richelaise s'inscrit dans un programme de renouvellement du matériel roulant. L'autorail dit FNC sortit des ateliers Billard à Tours en 1947 afin de prendre du service entre Chinon et Richelieu. Classée Monument Historique en 1997, La Richelaise sera entièrement rénovée à l'identique entre 2020 et 2022, avant de rejoindre un espace d'exposition qui lui est dédié près de la gare.
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Tournages de Films
À partir de 1974 et durant trois décennies, l'association TVT (Trains à Vapeur de Touraine) exploita la ligne de chemin de fer de Ligré-Rivière à Richelieu en activité touristique. Propriétaire de matériels ferroviaires historiques, l'activité de l'association attira également les cinéastes. La bonne conservation des infrastructures ainsi que du matériel roulant leur permettait de solutionner des problèmes de tournages dans le contexte de reconstitutions historiques. Plus de 70 films utilisèrent le site de la gare de Richelieu, attirant des réalisateurs tels Bertrand Tavernier, Maurice Pialat, Claude Zidi, Roger Vadim, Roman Polanski entre autres. Nombreux artistes vinrent tourner à Richelieu, parmi lesquels Pierre Richard, Catherine Deneuve, Jacques Dutronc, Isabelle Huppert, Gérard Jugnot, Lætitia Casta, Claude Rich, etc… Il est vrai bien souvent, la seule modification au décor qui apparait dans les films est le panneau sur lequel est inscrit le nom de la gare.
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Espace Richelieu
Au travers d'expositions permanentes et temporaires, l'Espace Richelieu permet de comprendre le projet de «cité idéale» du Cardinal ainsi que le personnage en lui-même. Le lieu est également une opportunité de franchir la porte de l'un des 28 hôtels (ou pavillons) de la Grande rue. Initialement attribués aux hauts dignitaires de l'Ancien Régime, ces hôtels furent majoritairement bâtis entre 1631 et 1634. L'architecte Jacques Lemercier délégua principalement la direction de travaux à l'architecte et maître-maçon Jean Barbet. Dans son Livre d'Architecture d'Autels, et de Cheminées (publié en 1633), ce dernier dédicacera son ouvrage au cardinal de Richelieu. Suite à la disparition du Cardinal, les propriétaires délaissèrent rapidement leurs hôtels afin de se rapprocher de Paris et de la Cour. Leurs demeures tombèrent plus ou moins dans l'oubli jusqu'à ce qu'elles soient restaurées progressivement à partir de la fin du XXe siècle.
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Porte de Chinon
Quatre portes monumentales ceinturent la ville de Richelieu. Trois d'entre elles donnent accès à la cité. La quatrième, une fausse porte, n'a de but que de respecter une symétrie du plan hippodamien projeté par l'architecte. La Porte de Chinon, située à l'extrémité Nord de l'enceinte, s'ouvre sur un axe Nord-Sud qui traverse la ville, le parc et le château d'une manière ininterrompue. En urbanisme, la mise en œuvre d'une perspective traversante est une particularité qui est née à Richelieu et connaitra une immense postérité (l'axe historique de Paris connaitra une évolution jusqu'en 1989 avec l'arche de la Défense). Comparé à l'aspect défensif du bossage des pierres de leurs encadrements, la partie menuisée des portes de la ville manifeste une forme d'élégance. En 2013 et suite à une campagne de recherche, l'association Terres et Couleurs a retrouvé les teintes originelles qui recouvraient toutes les portes de la ville. Une centaine de bénévoles entreprirent alors de badigeonner les menuiseries en respectant des recettes ancestrales à base d'ocres (ocre jaune pour les portes monumentales, ocre rouge pour celles des hôtels particuliers).
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Enceinte de la Ville
Bâtie ex nihilo selon les plans de l'architecte Jacques Lemercier, la ville de Richelieu s'intègre dans un quadrilatère d'environ 610 par 380 mètres protégé d'une muraille. L'aspect défensif de l'enceinte de la ville est cependant modéré du fait que Richelieu n'est pas une ville militaire (des pavillons y occupent les angles plutôt que des bastions). Il s'agissait à premier abord de délimiter un espace réunissant les fonctions principales d'une ville de l'époque (administratives, commerciales et religieuses) et de le dissocier du parc et du château (eux-mêmes clos de murs). La ville abritait également l'Académie Royale de Richelieu, dont très peu de documents sont parvenus jusqu'à nous. L'institution avait pour vocation d'éduquer les jeunes nobles, et son emplacement dans la ville est remémoré par les rues qui l'entourent : la Rue de l'Académie et la rue du Collège. Le rôle du cardinal de Richelieu marquera profondément la vie culturelle et éducative française, il fondera l'Académie française en 1634/1635. Le Cardinal mènera également la construction de la chapelle de la Sorbonne (où il sera inhumé en 1642) en collaboration avec le même architecte Jacques Lemercier.
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